Revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie

L’autisme de haut-niveau ou le Syndrome d’Asperger : la question du langage

 
Auteur(s) Andréanne Bibeau
Marion Fossard
Volume 34
Nombre 4
Année 2010
Page(s) 246-260
Langue Français
Catégorie
Mots-clés Autisme
de
haut
niveau
Syndrome
d’Asperger
langage
critères
diagnostiques
développement
langagier
Abrégé Ces dernières années, un débat s’est instauré entre les chercheurs regroupant le syndrome d’Asperger et l’autisme de haut niveau sous une même bannière et ceux qui reconnaissent comme « fondamentales » certaines différences entre les deux groupes, proposant que le syndrome d’Asperger est une entité en soi. À l’heure actuelle, le seul critère officiel utilisé en clinique réfère à la présence ou à l’absence d’un retard général du langage significatif pour respectivement différencier l’autisme de haut niveau (AHN) du syndrome d’Asperger (SA). Le retard est évalué selon la production de mots isolés vers l’âge de deux ans et de phrases à valeur de communication vers l’âge de trois ans (DSM-IV-TR, APA, 2000). Buts de l’étude : L’étude vise dans un premier temps à rapporter les résultats de recherches comparant les deux groupes sur des variables langagières. Elle examine également la pertinence d’utiliser le critère de retard de langage pour établir une distinction entre les deux diagnostics. Résultats : Sur les treize études sélectionnées, seulement trois rapportent des différences significatives quant aux compétences langagières entre les deux groupes, au bénéfice des participants ayant le syndrome d’Asperger. Selon les auteurs, cette différence découlerait d’une acquisition du langage sans délai pour ces derniers. Les autres études rapportent toutefois des différences langagières et communicationnelles subtiles entre les participants des deux groupes. Ces différences pourraient s’expliquer autrement que par des caractéristiques langagières purement qualitatives. Conclusions : Malgré d’importantes limites liées à la validité des résultats dans les études recensées, les conclusions sont en faveur d’une remise en question de la validité du critère D du DSM-IV (2000).

For the past few years, a debate has existed between researchers grouping Asperger’s syndrome and high-functioning autism under a single banner and those who recognise as “fundamental” certain differences between the two groups, suggesting that Asperger’s syndrome is an entity in and of itself. Currently, the only official criterion used in a clinical setting refers to the presence or absence of significant, general delayed speech in order to respectively differentiate high-functioning autism (HFA) from Asperger’s syndrome (AS). The speech delay is assessed in regards to the production of isolated words around the age of two and of communication value sentences at around three years of age (DSM-IV-TR, APA, 2000). Aim of the study: First, the study aims to report research results comparing the two groups on language variables. It also examines the pertinence of using the delayed speech criterion to establish a distinction between the two diagnoses. Results: Of the thirteen selected studies, only three report significant differences in regards to language competences between the two groups, favouring participants with Asperger’s syndrome. The authors believe this difference would be explained by a delay-free language acquisition by the latter. However, the other studies report subtle language and communication differences between participants of the two groups. These differences could be explained other than by purely qualitative language characteristics. Conclusions: Despite substantial limits linked to the validity of the results obtained by the subject studies, the conclusions do favour challenging the validity of criterion D of the DSM-IV (2000).
ID 1054
Lien http://cjslpa.ca/files/2010_CJSLPA_Vol_34/No_04_226-303/Fossard_Bibeau_CJSLPA_2010.pdf
 
Share |

La RCOA est une revue à accès libre, ce qui signifie que tous les articles sont accessibles sur Internet à tous les utilisateurs dès la publication. Les utilisateurs sont autorisés à lire, télécharger, copier, distribuer, imprimer, interroger ou référencer le contenu intégral des articles, ou à utiliser ce contenu à toutes autres fins licites.

La RCOA n’impose aucuns frais d’édition ou de traitement aux auteurs.

C’est l’Orthophonie et Audiologie Canada (OAC) qui détient le droit d’auteur de la Revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie. Il faut mentionner la source (OAC, nom de la publication, titre de l’article, numéro du volume, numéro de parution et nombre de pages), mais sans laisser entendre que l’OAC vous approuve ou approuve l’utilisation que vous faites du texte. Il est interdit d’utiliser le document à des fins commerciales. Il est interdit de modifier, transformer ou développer le texte.